Le 9 avril 2026 à 02h20 Le président américain
Donald Trump tient une réunion bilatérale avec le secrétaire général de l’Otan
Mark Rutte lors du Forum économique mondial (FEM) à Davos, le 21 janvier 2026. Jonathan Ernst / REUTERS La Maison-Blanche a reproché mercredi aux États membres de l’Otan d’avoir «tourné le dos» aux États-Unis dans la guerre contre l’
Iran. De passage à
Washington,
Mark Rutte a au contraire estimé que les pays européens avaient rempli leurs promesses. Passer la publicité Passer la publicité
Mark Rutte, secrétaire général de l'Otan, est arrivé à la Maison-Blanche discrètement en milieu d'après-midi ce mercredi et en est reparti tout aussi discrètement deux heures et demie plus tard. Il faut bien dire que l’ambiance n’était pas des plus chaleureuses. «Ils ont été mis à l'épreuve, et ils ont échoué», avait déclaré avant son arrivée la porte-parole
Karoline Leavitt, disant citer directement
Donald Trump. «L'Otan n'était pas là quand nous avions besoin d'eux, et ils ne seront pas là si nous avons de nouveau besoin d'eux. Rappelez-vous du
Groenland, ce gros morceau de glace mal géré», a écrit dans la soirée
Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, après sa rencontre avec
Mark Rutte. Le président américain menace depuis des mois de quitter l'Alliance atlantique. Passer la publicité Après une entrevue «très franche» avec
Donald Trump,
Mark Rutte a donné une interview à CNN. La chaîne lui a demandé notamment si des pays de l'Otan avaient effectivement failli : «Quelques-uns, oui, mais une large majorité de pays européens, et c'est ce dont nous avons discuté aujourd'hui, ont fait ce qu'ils avaient promis», a-t-il souligné. Questionné pour savoir si le monde était plus sûr aujourd'hui qu'avant le début de la guerre, le Néerlandais a répondu : «Absolument, parce que - et cela est grâce au leadership du président Trump - il est très très important de dégrader ces capacités» militaires de l'
Iran. Le secrétaire général de l’Otan,
Mark Rutte, entre à la Maison-Blanche, vu à travers une grille, à
Washington, le 8 avril 2026. Evan Vucci / REUTERS «Tirer parti du succès du sommet de l’Otan à La Haye» Selon le Wall Street Journal, l'administration Trump réfléchirait à retirer des troupes américaines stationnées dans des pays qui n'ont pas soutenu l'offensive militaire contre l'
Iran, pour les déplacer vers des pays jugés plus coopératifs. Depuis sa création en 1949, les États-Unis occupent un rôle militaire central au sein de l’Otan. Ils ont toutefois obtenu l’an dernier une forte augmentation des dépenses de défense des autres membres d’ici 2035.
Mark Rutte a donc probablement essayé de jouer de sa relation personnelle avec le président américain pour tenter d'apaiser ses critiques acerbes envers son organisation. Le locataire de la Maison Blanche ne tarit pas d'éloges sur le patron de l'Otan - «un type formidable, génial», selon lui - mais fustige les Européens pour leur refus d'aider les États-Unis et Israël dans leur offensive en
Iran, qui observent un cessez-le-feu depuis 24 heures. D'après un responsable de l'Alliance atlantique, la rencontre avec le président américain, prévue «de longue date», visait à «tirer parti du succès du sommet de l'Otan à La Haye» l'an dernier, lorsque les pays membres se sont engagés - sous la pression de
Donald Trump - à augmenter fortement leurs dépenses militaires. Outre le renforcement de la coopération transatlantique en matière d'industrie de défense, les deux responsables devaient «discuter de la dynamique sécuritaire actuelle, dans le contexte de l'
Iran ainsi que de la guerre de la Russie contre l'Ukraine», a-t-il précisé. Rutte, l’équilibriste Dans la journée,
Mark Rutte s’est aussi entretenu avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Leurs discussions ont porté sur les opérations militaires contre l’
Iran, la guerre en Ukraine et le renforcement de la coordination et du «transfert de charges» avec les alliés de l’Otan, selon un communiqué du département d’État. Le secrétaire général de l’Otan
Mark Rutte et Le secrétaire d’État américain Marco Rubio à
Washington, le 8 avril 2026. Anna Rose Layden / REUTERS Passer la publicité Le patron de l’Otan se livre depuis des mois à un exercice d'équilibriste entre les invectives du président américain à l'encontre des Alliés européens, qu'il a, entre autres, qualifiés de «lâches», et le souci de les défendre sans fâcher
Donald Trump. Cet exercice est devenu particulièrement difficile avec le lancement des frappes américano-israéliennes contre l'
Iran fin février, en raison de la frustration du président américain face à ce qu'il considère comme une dérobade des Européens en
Iran. Il a notamment réclamé leur aide pour sécuriser le stratégique détroit d'Ormuz. Le cessez-le-feu obtenu mardi via le Pakistan prévoit que l'
Iran rouvre ce passage maritime dans le Golfe, qu'elle bloquait de facto depuis le début de la guerre. «Rappelez-vous du
Groenland, ce gros morceau de glace mal géré» :
Donald Trump règle ses comptes avec l’Otan S'ABONNER « Trump nous laisse en pâture à un pouvoir revanchard » : entre soulagement et inquiétude, les Iraniens craignent une vague de répression RÉCIT - Alors que
Washington et Téhéran revendiquent tous les deux la victoire, les Iraniens estiment être les grands perdants du cessez-le-feu. Ils craignent que le régime, fragilisé mais toujours en place, ne leur fasse payer le prix de cette guerre. Seul le temps fera émerger un vainqueur du brouillard de la guerre américano-israélienne en
Iran ANALYSE - Parce qu’il a réussi à survivre et à prendre le contrôle du détroit d’Ormuz, Téhéran paraît être le principal gagnant de la guerre. Mais cette victoire apparente survivra-t-elle aux négociations et au temps ? Après cinq semaines de bombardements contre l’
Iran,
Donald Trump crie victoire sans avoir atteint ses objectifs RÉCIT - Le régime des mollahs a survécu et le casse-tête de la navigation dans le détroit d’Ormuz s’ajoute à celui du programme nucléaire iranien. Après le cessez-le-feu, la réouverture du détroit d’Ormuz en suspens DÉCRYPTAGE - « Quand les conditions seront remplies », une coalition de marines occidentales pourrait veiller à la sécurisation du trafic dans le détroit. Pierre Lellouche : « Derrière le cessez-le-feu en
Iran, un désastre stratégique pour Trump et l’Occident » TRIBUNE - Le cessez-le-feu de deux semaines annoncé par
Donald Trump, dans la nuit de mardi à mercredi, est loin d’être le signe du triomphe de la puissance militaire américaine, comme l’affirme la Maison-Blanche, explique l’ancien ministre, notamment parce que le régime iranien en sort renforcé. Cessez-le-feu imposé par
Donald Trump : en Israël, le goût amer d’une guerre « pour rien » DÉCRYPTAGE - Pris de court par la décision américaine de suspendre les combats avec l’
Iran, responsables politiques et opinion israélienne dénoncent un arrêt prématuré du conflit. Cessez-le-feu en
Iran : «Tout le monde applique la méthode Trump : toujours revendiquer la victoire, toujours nier la défaite» ENTRETIEN - Les États-Unis, l’
Iran et d’autres acteurs du conflit au Moyen-Orient se livrent à une vraie bataille des récits pour revendiquer le succès de l’accord de trêve conclu mardi. Mais la réalité est plus complexe, relève l’historien Pierre Razoux. À Caen, un grand rendez-vous géopolitique au chevet d’un monde en pleins bouleversements ANALYSE - Sous la houlette de son président, Hervé Morin, et de son vice-président, François-Xavier Priollaud, la région Normandie a capitalisé sur son histoire emblématique pour faire de son territoire un carrefour d’échanges sur les tumultes du monde et un lieu de formation privilégié des jeunes générations à la géopolitique et à la résolution des conflits. Jean-Louis Bourlanges : « Sans vrai effort budgétaire sur la défense, l’Europe restera un mollusque » ENTRETIEN - L’ancien président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale met en garde contre l’incapacité des Européens, et tout particulièrement des Français, à reconnaître l’urgence de revoir la dépense sociale et de repenser notre projet étatique au profit du réarmement du pays. Treize soldats tués, plusieurs avions et hélicoptères détruits : au 39e jour de guerre en
Iran, quel bilan côté américain ? Depuis le début de l’opération « Epic Fury » au Moyen-Orient, les Américains essuient des pertes humaines et matérielles. Un bilan toutefois sans commune mesure avec le nombre de victimes et l’ampleur des destructions d’infrastructures iraniennes.