La Maison Blanche a reproché mercredi aux États membres de l'Otan d'avoir « tourné le dos » aux États-Unis dans la guerre contre l'
Iran, juste avant une rencontre entre
Donald Trump et
Mark Rutte, celui-ci estimant au contraire que les pays européens avaient rempli leurs promesses. Publié le : 09/04/2026 - 09:11Modifié le : 09/04/2026 - 09:20 3 min Temps de lecture
Donald Trump aux côtés du secrétaire général de l'Otan,
Mark Rutte, à la Maison Blanche, le 8 avril 2026. AP - Alex Brandon
Mark Rutte, secrétaire général de l'alliance Atlantique, est arrivé à la Maison Blanche discrètement en milieu d'après-midi et en est reparti tout aussi discrètement deux heures et demie plus tard. « Ils ont été mis à l'épreuve, et ils ont échoué », avait déclaré avant son arrivée la porte-parole
Karoline Leavitt, disant citer directement
Donald Trump.« L'Otan n'était pas là quand nous avions besoin d'eux, et ils ne seront pas là si nous avons de nouveau besoin d'eux. Rappelez-vous du Groenland, ce gros morceau de glace mal géré », a écrit dans la soirée
Donald Trump sur sa plateforme
Truth Social, après sa rencontre avec
Mark Rutte. Le président américain menace depuis des mois de quitter l'Alliance atlantique.Après une entrevue « très franche » avec
Donald Trump,
Mark Rutte a donné une interview à
CNN. La chaîne lui a demandé notamment si des pays de l'Otan avaient effectivement failli : « Quelques-uns, oui, mais une large majorité de pays européens, et c'est ce dont nous avons discuté aujourd'hui, ont fait ce qu'ils avaient promis », a-t-il souligné.Questionné pour savoir si le monde était plus sûr aujourd'hui qu'avant le début de la guerre, le Néerlandais a répondu : « Absolument, parce que - et cela est grâce au leadership du président Trump - il est très très important de dégrader ces capacités » militaires de l'
Iran. Ancien Premier ministre des Pays-Bas, Marc Rutte n'hésite pas à flatter
Donald Trump. En témoigne une anecdote souvent citée quand, en juin 2025, lors de la première campagne de bombardements israélo-américaine contre des sites militaires en
Iran,
Mark Rutte avait appelé le président américain « Daddy ».
Donald Trump avait comparé alors le conflit entre Israël et l’
Iran comme celui d' « enfants qui se battent comme des chiffonniers dans la cour de récréation » et Rutte avait repris la métaphore lors d'un sommet de l'Otan, déclarant « Daddy doit parfois hausser le ton »...En retour, le locataire de la Maison Blanche ne tarit pas d'éloges sur le patron de l'Otan - « un type formidable, génial », selon lui - mais fustige les Européens pour leur refus d'aider les États-Unis et Israël dans leur offensive en
Iran, qui observent un cessez-le-feu depuis 24 heures.
Mark Rutte se livre depuis des mois à un exercice d'équilibriste entre les invectives du président américain à l'encontre des Alliés européens, qu'il a, entre autres, qualifiés de « lâches », et le souci de les défendre sans fâcher
Donald Trump. Cet exercice est devenu particulièrement difficile avec le lancement des frappes américano-israéliennes contre l'
Iran fin février, en raison de la frustration du président américain face à ce qu'il considère comme une dérobade des Européens en
Iran. Il a notamment réclamé leur aide pour sécuriser le stratégique détroit d'Ormuz.Selon le Wall Street Journal, l'administration Trump réfléchirait à retirer des troupes américaines stationnées dans des pays qui n'ont pas soutenu l'offensive militaire contre l'
Iran, pour les déplacer vers des pays jugés plus coopératifs.
Mark Rutte a probablement essayé de jouer de sa relation personnelle avec le président américain pour tenter d'apaiser ses critiques acerbes envers son organisation.