Donald Trump a annoncé dimanche un blocus naval américain du détroit d'Ormuz, après l'échec des négociations avec l'
Iran au
Pakistan. La sortie de crise s'éloigne, alors que 2 000 bateaux et 20 000 marins sont toujours bloqués dans ce détroit, souligne
Damien Chevallier chargé de la sécurité maritime pour l'OMI, l'Organisation maritime internationale. Publié le 13/04/2026 11:28 Mis à jour le 13/04/2026 11:34 Les navires pétroliers sont directement affectés par la fermeture du détroit d'Ormuz, ce qui a entraîné une crise énergétique mondiale découlant de la guerre au Moyen-Orient. (Photos for You / Moment RF) Deux semaines après avoir affirmé que le détroit d'Ormuz n'était plus son problème et après l'échec des premières négociations entre l'
Iran et les États-Unis,
Donald Trump a annoncé dimanche 12 avril un blocus des ports iraniens du détroit d'Ormuz, à partir de lundi 13 avril à 16h00,heure de Paris. Une annonce que l'
Iran condamne. Téhéran menace de représailles. Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz est un bras de mer, avec d'un côté les eaux territoriales iraniennes et de l'autre, celles des Émirats arabes unis et d'
Oman, qui possèdent également des ports. Pour
Damien Chevallier chargé de la sécurité maritime pour l'OMI, l'Organisation maritime internationale, une instance de l'ONU responsable notamment de la sécurité des 2 000 bateaux et 20 000 marins "la situation est quasiment bloquée et on comprend bien la nécessité d'avoir des garanties de sécurité pour les navires."franceinfo : À huit jours de la fin du cessez-le-feu, si les États-Unis bloquent les ports iraniens, et que l'
Iran riposte contre les autres ports présents à cet endroit, est-ce que cela peut déclencher la fin de la trêve en vigueur ?
Damien Chevallier : Au vu de l'escalade constante dans le détroit d'Ormuz, il est certain qu'aujourd'hui aucun trafic maritime ne peut reprendre dans ces conditions.La reprise d'un trafic, quel qu'il soit, passera au préalable par des discussions et par des accords de cessez-le-feu durables. Aujourd'hui, aucun capitaine, aucun navire ne peut exposer son équipage à de telles incertitudes et de tels risques.
Damien Chevallier, chargé de la sécurité et de la sûreté maritime pour l'OMIfranceinfoSeule la diplomatie, la discussion, permettront une reprise du trafic dans le détroit. Aujourd'hui, en moyenne, environ dix navires transitent par le détroit, ce qui représente moins de 10% du trafic d'avant la crise. Autant dire que la situation est quasiment bloquée et on comprend bien effectivement la nécessité d'avoir des garanties de sécurité pour les navires pour pouvoir transiter. Et aujourd'hui, la situation ne s'y prête pas.Vous avez établi pour l'Organisation maritime internationale un plan d'évacuation de ces navires et des marins qui sont bloqués là-bas. Cette évacuation a commencé ?Non, nous n'avons pas obtenu les garanties de sécurité pour le moment. Les autorités iraniennes ont mis en place des voies de navigation alternatives qui ne sont pas celles approuvées par l'Organisation maritime en 1968, qui présentaient des garanties. Aujourd'hui, on ne connaît pas les critères d'éligibilité permettant aux navires de transiter sans risque, les autorités iraniennes n'ont pas transmis ces informations. À ce stade, nous n'avons pas été en mesure d'initier l'évacuation de ces marins. Il est clair que la convention des Nations unies sur le droit de la mer interdit à tout État côtier dans ce détroit de mettre des obstacles à la navigation, quels que soient les critères. Le principe général est celui de la liberté de navigation pour tous les navires. Dans quelle situation sécuritaire se trouvent les 2 000 navires et 20 000 marins qui sont toujours bloqués dans le détroit d'Ormuz ?Ils sont aujourd'hui surtout dans une situation précaire et d'incertitude. Ces navires, qui sont soit dans les ports soit au mouillage dans le golfe Arabo-Persique, sont surtout dans l'attente de visibilité. Aujourd'hui, on est dans une situation de cessez-le-feu. Les attaques directes de navires ont cessé depuis quelques jours, mais les marins sont à bord de leur navire depuis sept semaines.Nous faisons face à des difficultés d’approvisionnement, en nourriture, en eau, en combustible, c'est donc une situation extrêmement précaire.
Damien Chevallier, chargé de la sécurité et de la sûreté maritime pour l'OMIfranceinfoAujourd'hui, nous continuons les discussions avec l'ensemble des parties pour inviter à la discussion et à la négociation, pour trouver un moyen d'évacuer ces navires et ces équipages dans les délais les plus courts.Le plan d'évacuation que vous avez établi avec l'OMI affirme que s'il n'y a pas de mines dans le détroit d'Ormuz, en 15 jours le détroit peut être évacué. Est-ce que ces mines existent ? Est-ce qu'il serait possible d'évacuer ces 2 000 bateaux et 20 000 marins ?Ce sont des informations qui ne nous ont pas été confirmées par aucune des parties et c'est effectivement un élément essentiel. Les autorités iraniennes ont mis en place ces routes alternatives, mais ne nous ont pas donné de justification sur la raison de ces routes alternatives. Donc, nous n'avons pas de confirmation formelle mais, bien entendu, c'est un risque potentiel et les navires ne peuvent pas s'exposer à ce risque tant que l'on n'a pas de garantie sur l'absence de ces mines.Les compagnies ou les capitaines ne peuvent pas prendre le risque de naviguer si des mines peuvent être présentes. C'est un risque majeur pour la vie des marins et on ne peut pas prendre cette responsabilité. En deux semaines, on peut évacuer tous les navires qui souhaitent sortir. La reprise du trafic est une autre question et elle nécessitera une visibilité et des garanties de sécurité à plus long terme. "Je ne suis pas un grand fan du pape",
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