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Cadmium en France: «Il y a une vraie crainte d'une fronde agricole derrière cette inaction»

Un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), publié le 25 mars 2026, confirme une surexposition de la population française au cadmium par l'alimentation, notamment via les céréales. Le journaliste Martin Boudot, qui avait enquêté sur le sujet en 2021, souligne que cette confirmation arrive après des années de controverse.

Géraud Bosman-DelzonsRFIFiled 2026-03-25 · 18:53 GMTLean · CenterRead · 7 min
Cadmium en France: «Il y a une vraie crainte d'une fronde agricole derrière cette inaction»
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Un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), publié le 25 mars 2026, confirme une surexposition de la population française au cadmium par l'alimentation, notamment via les céréales. Le journaliste Martin Boudot, qui avait enquêté sur le sujet en 2021, souligne que cette confirmation arrive après des années de controverse. L'Anses recommande de réduire les niveaux de cadmium dans les engrais phosphatés, source principale de contamination. Les agriculteurs, souvent non informés de la présence de cadmium dans ces engrais, sont confrontés à la contamination de leurs sols, limitant certaines cultures. L'article évoque une possible "fronde agricole" face à l'inaction concernant ce problème.

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In France, the limit is 90 mg/kg, while Anses recommends 20 mg/kg.

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The EU imposes a limit of 60 mg of cadmium per kilogram of phosphate fertilizer.

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The French population is overexposed to cadmium through food.

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Farmers are generally unaware of the presence of cadmium in phosphate fertilizers.

quoteMartin Boudot
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Cereal-based foods are particularly affected by cadmium contamination.

factualRFI
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Full report

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Entretien L’Agence nationale de sécurité sanitaire confirme, ce 25 mars, « une surexposition de la population française au cadmium par l’alimentation ». L’imprégnation à ce puissant toxique est particulièrement élevée et croissante. Le journaliste Martin Boudot est l’auteur d’une série d’enquêtes environnementales, Vert de rage, diffusée sur France-tlvisions" class="entity-link entity-organization" data-entity-id="47656" data-entity-type="organization">France Télévisions (2021-2025). Dans l’épisode consacré aux Engrais maudits, il révélait une teneur élevée dans certaines cultures alimentaires françaises. Publié le : 25/03/2026 - 19:53Modifié le : 25/03/2026 - 21:32 9 min Temps de lecture Les aliments à base de céréales sont particulièrement concernés par l'imprégnation de cadmium. Peggy Greb/Wikimedia Commons RFI : Ce n’est pas la contamination des aliments de base au cadmium qu’on apprend aujourd’hui, c’est l’ampleur de la surexposition des Français. Cette nouvelle alerte de l’Anses vous surprend-t-elle ? Martin Boudot : Cette nouvelle expertise ne me surprend absolument pas. Elle clôt le débat, si tant est qu'il y avait un débat. Lorsqu'en 2021, nous avions révélé la surexposition des Français au cadmium, on nous avait traité de « marchands de peur ». Certains journalistes et certaines industries avaient utilisé cette terminologie. Presque six ans plus tard, l'Anses confirme qu'il y a une situation préoccupante : les Français sont surexposés au cadmium par l'alimentation. Et elle propose des solutions, ce qui est rarissime. C'est celle que nous avions déjà identifiée : réduire les niveaux de cadmium dans les engrais phosphatés. Cette présence du cadmium dans les engrais est-elle connue de leurs utilisateurs, les agriculteurs ? En enquêtant, on s'est vite rendu compte que les agriculteurs n'avaient aucune connaissance du fait qu'il y avait du cadmium dans les engrais phosphatés. Nous leur avons fait réaliser cette information. Ce n'est pas indiqué sur les gros sacs d'engrais que les agriculteurs utilisent lors de leur épandage. Dans l'agriculture productiviste, chaque année ou presque, vous avez besoin d'ajouter du phosphore dans le sol pour que la plante puisse bien pousser. C'est notamment utilisé dans les grandes cultures comme les pommes de terre ou le blé. Certains agriculteurs ne peuvent plus cultiver certaines plantes, car leurs sols sont trop chargés en cadmium, alors même qu'ils n'en ont jamais mis. C'est une surprise, pour eux, de se rendre compte qu'il y a du cadmium dans leur sol. L’Anses recommande depuis des années de diviser la teneur en cadmium dans les engrais. Depuis 2022, l'UE impose une limite de 60 mg de cadmium par kilogramme d’engrais phosphaté. Dans l’Hexagone, le plafond est à 90 mg/kg. L'Anses recommande quant à elle 20 mg/kg. Un décret pour abaisser les seuils de cadmium avait été préparé en 2019, vous aviez même pu consulter son brouillon. Que disait-il et pourquoi n’a-t-il pas été appliqué ? Le projet de décret qui devait réduire les niveaux de cadmium dans les engrais phosphatés date effectivement de 2019. Notre enquête avait aussi pu l’alimenter. On avait eu une interview avec le ministre de l'Agriculture de l'époque, M. [Julien] Denormandie. Il s'est ensuite passé plusieurs choses. Il y a d'abord eu un lobbying très fort de la part des industries des engrais phosphatés, qui sont très puissantes en France. Puis, en 2022, lorsque la Russie a envahi l'Ukraine, s’est posée la question de l'acheminement des engrais phosphatés. Il se trouve que parmi les fournisseurs potentiels d'engrais phosphatés avec une moindre teneur naturelle en cadmium, il y avait la Russie. Cela a retardé les nouvelles réglementations. Les industriels français ont dit : « Voilà le cadeau qu'on va faire aux Russes. » En réalité, des engrais phosphatés dans lesquels il y a moins de cadmium, il n'y en a pas qu'en Russie. Il existe par ailleurs des possibilités de décadmiation. Quand le phosphore sort avec du cadmium naturellement présent à ses côtés, il est possible d'enlever le cadmium. Simplement, c'est un coût supplémentaire de l'ordre de 10 à 12 dollars par tonne en plus par rapport à un prix d'achat classique d'engrais phosphatés, que les industriels des engrais ne veulent pas mettre en place [la filière France Fertilisants avance une réduction d'environ 70% de l'usage des engrais minéraux phosphatés en France, NDLR]. Les niveaux de contamination des Français sont beaucoup plus élevés que d’autres pays européens. Pourquoi ? L'une des pistes, et c'est l'Anses qui le dit, c'est peut-être la source d’approvisionnement des engrais phosphatés. Ceux provenant du Maroc sont ultra-majoritaires en France et ils sont plus chargés en cadmium que d'autres dans le monde. Vous vous y êtes rendus au Maroc pour votre enquête. Qu’y avez-vous appris ? D'abord, il est très difficile de parler de l'industrie des engrais phosphatés au Maroc. On a été suivi. Certaines personnes avec lesquelles on a travaillé ont été menacées. C'est un groupe [OCP, NDLR] qui a le monopole des engrais phosphatés au Maroc. Il est très puissant, il est aussi pourvoyeur d'emplois et c’est une fierté marocaine. Sur place, on a pu constater des pollutions autour des mines de phosphate, autour des endroits où on va transformer ce phosphate en engrais phosphatés. Du côté de la ville de Safi notamment. On a pu faire des prélèvements sur place. On a pu suivre aussi des lanceurs d'alerte et des militants qui tentent de faire bouger les lignes sur ces questions de pollution. Ça a été peut-être l'une des enquêtes les plus difficiles à mener pour moi, tant ce sujet est sensible sur place. À lire aussiAu Maroc, le géant mondial des engrais annonce des bénéfices records pour 2022 Quelles seraient les sources d'approvisionnement alternatives ? Il y en a dans le monde entier, que ce soit la Chine, la Tunisie, les États-Unis, évidemment la Russie avant le conflit. En Europe, la Norvège a découvert très récemment un gisement de phosphate dans le sud-ouest du pays, qui pourrait être l'une des grandes pistes. Quelles sont les solutions pour remédier à la présence de cadmium dans les fertilisants et les aliments ? Ce qui est assez dingue dans ce scandale alimentaire, environnemental et sanitaire, c'est qu'il existe des solutions. D'abord chercher d'autres alternatives avec des engrais phosphatés qui sont moins naturellement riches en cadmium. Et puis la décadmiation est un processus industriel que la Tunisie utilise, par exemple, depuis plusieurs années. Les principaux aliments concernés sont ceux de tous les jours : céréales du petit-déjeuner, pain, viennoiseries, les pommes de terre, certains légumes, etc. Vous-même, est-ce que c’est quelque chose à laquelle vous faites attention, dans votre alimentation ? Oui. J'ai une petite fille et ça a été une vraie interrogation de savoir comment on pouvait éviter l'imprégnation au cadmium des biscuits sucrés du goûter que je lui mets dans son sac. On pense souvent que l'agriculture productiviste versus l'agriculture biologique, c'est uniquement la question des pesticides. On oublie souvent les engrais. Dans l'agriculture bio, les engrais phosphatés chimiques dont on parle sont interdits. Pourtant, l’Anses ne recommande pas particulièrement les produits bio qui « peuvent également contenir du cadmium » ? Certains engrais minéraux phosphatés sont autorisés en agriculture conventionnelle et en agriculture biologique. De fait, il semble que dans la pratique, les agriculteurs en bio ne les utilisent pas, ou beaucoup moins. Lorsque nous avons réalisé des prélèvements, en 2020, pour analyser les taux de cadmium dans les pommes de terre, on a pris des lots de pommes de terre classiques sur les marchés, dans les supermarchés, mais également des lots de pommes de terre bio. Les différences d'imprégnation du cadmium dans ces pommes de terre étaient incroyables. Il n’y en avait quasiment pas dans le bio, et vraiment beaucoup plus dans l'agriculture productiviste. Dans son rapport, l'Anses ne dit pas que l'agriculture biologique est la solution à mettre en place, mais plutôt qu'il faut arrêter d'utiliser des engrais phosphatés chimiques dans lesquels les taux de cadmium sont trop élevés. Quel était l’apport de votre enquête, alors même que l’Anses avait déjà alerté de ce danger ? Nous avions présenté notre étude scientifique exploratoire à l'Anses, qui nous avait reçus dans ses bureaux et qui avait récupéré nos données pour l'ajouter à son propre jeu de données sur le cadmium. Ce dont on parle aujourd’hui, c'est quelque chose qui a été lancé il y a plusieurs années déjà. Qu'est-ce qui bloque en France pour abaisser ce seuil de concentration dans les engrais phosphatés ? Il y a une vraie crainte d'une fronde agricole derrière cette inaction. On est plutôt à l'ère de l'écolo-bashing. On ne veut pas plus de normes, on veut au contraire davantage de liberté. Une réduction du cadmium serait vue comme une nouvelle norme, une nouvelle contrainte pour les agriculteurs. Mais si demain vous dites aux agriculteurs de payer un euro de plus pour avoir un engrais sans cadmium, je vous assure qu'ils le feront parce qu’ils tiennent à leur terre, à leur sol, à leur vie. Le cadmium, métal lourd, cancérigène, qui s'accumule dans les sols et dans l'environnement, n'est pas du tout leur allié. Ils n'ont aucun intérêt à s'opposer à toute forme d'évolution. À lire aussiAliments contaminés au cadmium: «Il faut interdire toute importation d’engrais phosphatés» (Aminata Niakaté-LE) Ni la science, ni l’investigation journalistique n’ont eu assez d’influence auprès des pouvoirs publics. Pourquoi selon vous ? C'est une bonne question. Que l'investigation journalistique n'arrive pas à faire bouger les lignes, c'est quelque chose qui arrive assez souvent. En revanche, lorsque la science s'exprime et lance des alertes depuis plusieurs années maintenant, et que cette science est financée par l'État, et que l'État n'écoute pas ses références en science, ça m'interroge beaucoup sur l'état de notre confiance dans la science. Il y a un consensus scientifique sur cette question-là. Votre enquête avait été diffusée sur une chaîne du service public. Dans ce contexte d’attaques inédites contre l’audiovisuel public et de promesse de privatisation par certains, aurait-elle pu l’être ailleurs ? Mon enquête, d’utilité publique, n'aurait pas pu être diffusée ailleurs, sur une chaîne privée. Aujourd'hui, l'un des marqueurs, l'une des singularités du service public, c'est l'investigation. Il se trouve que nous, dans cette enquête-là, on mettait en cause un grand groupe industriel d'engrais phosphatés. Parce que c'est le service public, France-tlvisions" class="entity-link entity-organization" data-entity-id="47656" data-entity-type="organization">France Télévisions a été totalement hermétique à toute forme de pression car il y a moins l'enjeu de la publicité. Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail
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