De toutes les causes d'exposition des Français au
Cadmium, l'alimentation demeure de loin la principale, souligne mercredi 25 mars l'
Anses dans une vaste expertise. L'agence presse d'agir sur les sols agricoles et la teneur des fertilisants, notamment les engrais minéraux phosphatés. Les fabricants d'engrais, eux, mettent en avant leurs efforts. Publié le : 25/03/2026 - 11:41Modifié le : 25/03/2026 - 14:54 4 min Temps de lecture Selon l'
Anses, l'alimentation explique jusqu'à 98 % de l'imprégnation au
Cadmium chez les non-fumeurs. (Image d'illustration) © Business Wire Le
Cadmium est naturellement présent dans l'environnement, mais certaines activités humaines peuvent en accroître la teneur. Or ce métal est toxique en cas d'exposition prolongée : il est cancérogène, nocif pour la reproduction, peut provoquer des effets osseux et rénaux... Après plusieurs études montrant une exposition préoccupante – trois à quatre fois plus élevée que dans des pays européens voisins – l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail a évalué, pour la première fois, l'exposition globale des Français tout au long de la vie. À lire aussiSanté: les médecins alertent sur une contamination généralisée au
Cadmium, un métal très toxique La moitié des Français surexposés En 2025, près de la moitié de la population présentait des expositions dépassant les valeurs sanitaires de référence. L'agence relève aussi « une imprégnation préoccupante à tout âge et dès le plus jeune âge ». La toxicité du
Cadmium, faiblement éliminé par l'organisme, est liée à la dose cumulée dans le temps. Selon l'
Anses, l'alimentation explique jusqu'à 98 % de l'imprégnation au
Cadmium chez les non-fumeurs – les fumeurs étant également exposés par l'inhalation de fumée de tabac. Les principaux aliments concernés : céréales du petit-déjeuner, pains, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés, pâtes, riz, blé, pommes de terre et certains légumes. Le chocolat, bien que plus contaminé, reste un « contributeur mineur » car il est moins largement consommé que les produits céréaliers, précise
Géraldine Carne, coordinatrice de l'expertise. Certaines sources d'exposition n'ont pu être intégrées, faute de données : tabagisme passif, certains cosmétiques, certaines activités professionnelles. Mais « si les niveaux d'exposition actuels se maintiennent et qu'aucune action n'est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population », alerte
Géraldine Carne. À écouter aussiL’alimentation est-elle un poison ? Agir à la source Pour réduire durablement l'imprégnation, l'
Anses recommande d'agir avant tout à la source : sols agricoles, fertilisants (engrais minéraux phosphatés), effluents d'élevage et boues de stations d'épuration. Elle préconise d'appliquer dès que possible les valeurs limites de
Cadmium dans les engrais, fixées à 20 mg/kg contre 90 mg actuellement en
France et 60 mg dans l'Union européenne, ainsi que de suivre leur teneur via une base de données nationale. De nouvelles pratiques agricoles sont aussi recommandées : ajuster le type et la quantité de fertilisants selon les sols et cultures, mobiliser le phosphore déjà présent, ou utiliser des variétés végétales moins accumulatrices de
Cadmium, par exemple pour le blé... Côté alimentation, produits français ou importés, ses experts suggèrent d'abaisser les teneurs maximales en
Cadmium dans les aliments qui contribuent le plus à l'exposition. Si la réduction de l'exposition doit avant tout passer par des actions collectives, l'
Anses propose aussi des conseils individuels : limiter les produits sucrés et salés à base de blé – céréales du petit-déjeuner, gâteaux, biscuits – et manger davantage de légumineuses à la place des pâtes et autres produits céréaliers. La filière se dit « pleinement engagée » En réponse, les fabricants d'engrais en
France ont mis en avant les efforts réalisés pour réduire la teneur en
Cadmium dans les fertilisants. La filière des engrais « est depuis de nombreuses années pleinement engagée dans la réduction des apports en
Cadmium », a réagi leur association,
France Fertilisants, qui relève depuis 1988 une réduction d'environ 70% de l'usage des engrais minéraux phosphatés en
France. « Parallèlement, les industriels développent des solutions pour réduire les teneurs en
Cadmium, notamment via des procédés de décadmiation, qui restent toutefois complexes et coûteux et ne peuvent constituer l'unique réponse », ajoute le communiqué. Le secteur « regrette » d'être pointé du doigt, au détriment d'« une approche globale » intégrant « les politiques alimentaires, la diversité des profils de consommation, les usages industriels »... Il ajoute que la présence de
Cadmium dans les sols tient aussi à la géologie, ainsi qu'à d'autres sources comme les retombées atmosphériques ou certains intrants organiques. À lire aussiMétaux lourds: une cartographie inédite révèle l'ampleur de la pollution des sols Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail