"Près de la moitié de la population adulte dépasse les valeurs toxicologiques de référence", selon l'
Anses. Dans un rapport, l'agence sanitaire appelle à des actions urgentes pour réduire cette surexposition, notamment en limitant le recours aux engrais agricoles. Publié le 25/03/2026 05:36 Mis à jour le 25/03/2026 08:55 Des pâtes en vrac sont vendues dans un supermarché à
Labège (
Haute-Garonne), le 26 mars 2024. (JEAN-MARC BARRERE / AFP) La situation est jugée "préoccupante". L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (
Anses) alerte mercredi 25 mars sur une "imprégnation forte et croissante" de la population française en cadmium, un métal lourd présent dans les sols, qui contamine l'organisme principalement à travers l'alimentation. Cette "surexposition", souvent supérieure aux seuils de dangerosité, nécessite d'"agir rapidement et avec détermination" pour en limiter les "effets néfastes" sur la santé humaine, plaide l'
Anses dans un rapport.Fruit d'une expertise de deux ans, le document dévoile "pour la première fois" l'ampleur et la nature de l'exposition des Français au cadmium, selon sa coordinatrice,
Géraldine Carne. "Près de la moitié de la population adulte (47,6%) dépasse les valeurs toxicologiques de référence", a exposé la toxicologue devant la presse, en rappelant de précédentes alertes émises par l'agence depuis 2011. Le cadmium est un contaminant reconnu comme "cancérogène", "mutagène" et générateur de troubles de la reproduction et du neurodéveloppement, souligne l'
Anses. Or, faute d'être bien éliminé par l'organisme, il s'accumule dans le corps. "Cet élément toxique est largement distribué dans les organes", d'où des effets touchant les os, les reins, le système cardiovasculaire, le pancréas, la vessie, la prostate ou les seins, insiste
Géraldine Carne. Près d'un quart des cas d'ostéoporose seraient ainsi attribuables au cadmium.Les études menées au fil des décennies révèlent des taux en augmentation au sein de la population, avec une situation particulièrement critique en
France."Les niveaux français sont jusqu'à trois ou quatre fois supérieurs à ceux d'autres pays comme la Belgique, l'Angleterre ou l'Italie."
Géraldine Carne, toxicologueà franceinfoPour la spécialiste, de tels écarts pourraient provenir d'"une utilisation plus importante de certains intrants agricoles" et d'une plus forte "consommation de produits céréaliers, plus contaminés".L'alimentation explique "jusqu'à 98% de l'imprégnation au cadmium" de la population, avec une exception pour les fumeurs, confrontés à une double exposition liée au tabac, selon l'
Anses. Dans nos assiettes, la contamination provient majoritairement des produits céréaliers (pain, pâtes, biscuits...), des pommes de terre et des légumes, soit autant d'éléments qui constituent la base de nos menus et dont il est difficile de se passer.Pour réduire la contamination des aliments, l'agence appelle en priorité à cibler les sols et les pratiques agricoles. Elle recommande d'abaisser en urgence les valeurs limites en cadmium autorisées dans les matières fertilisantes, avec "un engagement de l'ensemble des acteurs" de la filière, "et pas uniquement des agriculteurs". Elle plaide aussi pour mettre fin à "la dépendance aux engrais minéraux phosphatés", notamment en exploitant davantage le phosphore déjà contenu dans le sol et en recourant à des variétés agricoles "moins accumulatrices de cadmium".Quant aux aliments en rayon, notamment importés, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation dénonce des teneurs maximales réglementaires "pas suffisamment protectrices pour la santé du consommateur". Dès lors, il convient de "réviser à la baisse" les seuils pour les produits les plus consommés et les plus contributeurs à la contamination humaine. Des "mesures renforcées" de contrôle et de surveillance de la chaîne alimentaire sont aussi réclamées.Face à cette problématique de santé publique, quels leviers d'action pour les consommateurs ? Ils sont minces, au point qu'il n'est "pas pertinent de formuler des recommandations en termes de choix individuels", estime le rapport. A défaut de pouvoir faire une croix sur toute alimentation venant du sol, l'
Anses suggère une "réduction de la consommation de denrées à base de blé" à "faible intérêt nutritionnel", comme les céréales du petit-déjeuner, les gâteaux ou les biscuits sucrés et salés. Le chocolat, souvent pointé du doigt car "plus contaminé" que d'autres aliments, n'est présenté que comme "un contributeur mineur" à notre imprégnation en cadmium et ne fait l'objet d'aucune recommandation spécifique. En alternative des pâtes ou des pommes de terre, l'
Anses encourage un "rééquilibrage" en faveur des légumineuses (lentilles, pois chiches, etc.), "dix fois moins contaminées que les céréales" et reconnues pour leurs bienfaits nutritionnels. En revanche, l'agence s'abstient de toute orientation vers les produits issus de l'agriculture biologique, faute de résultats significatifs et convergents lors des tests menés. La filière bio est "potentiellement tout aussi impactée que l'agriculture conventionnelle", du fait du recours autorisé à certains engrais contenant du cadmium, prévient l'
Anses. Protoxyde, rodéo urbain : le gouvernement durcit les sanctions Le combat d'une avocate pour les migrants qui ont fui les Etats-Unis Le 5 juillet 2001, Loana remportait la première saison de Loft Story Marseille : Une policière soupçonnée d'avoir vendu des informations confidentielles au grand banditisme Au moins 24 morts après la chute d'un bus au Bangladesh "Elle doit être durement sanctionnée", réagit Sébastien Chenu au sujet de la policière soupçonnée d'avoir vendu des informations au grand banditisme L'ONU qualifie la traite des esclaves africains de "crime le plus grave contre l'humanité" Addiction aux réseaux sociaux : Meta et YouTube condamnés Rupture amoureuse : 1 actif sur 3 utilise ses congés pour s’en remettre Gims interpellé dans une affaire de blanchiment en bande organisée Au cimetière, le Hezbollah glorifie ses combattants et l'Iran Disparus de l'Aveyron : les deux femmes retrouvées mortes Gims en garde à vue pour soupçon de blanchiment d'argent Résidence seniors en faillite : des personnes âgées à la rue Spéculations sur le pétrole : délit d'initié à Washington ?