La cheffe du gouvernement italien
Giorgia Meloni, en visite officielle à Alger, a annoncé mercredi 25 mars un renforcement de la coopération avec l'Algérie dans le but « d'augmenter la fourniture de gaz » algérien à l'Italie. Publié le : 25/03/2026 - 18:47 3 min Temps de lecture La cheffe du gouvernement italien,
Giorgia Meloni, et le président algérien
Abdelmadjid Tebboune à Alger, le 25 mars 2026. IMAGO/APAimages via Reuters Conn - IMAGO/Algerian Presidency Office Ce deuxième déplacement de
Giorgia Meloni en Algérie depuis 2023 s'est retrouvé centré sur le gaz alors que la puissante industrie italienne subit de plein fouet la flambée des cours du fait du conflit au Moyen-Orient. « Nous avons décidé de renforcer notre coopération déjà très solide à travers nos champions nationaux », les compagnies italiennes
Eni et algérienne
Sonatrach, « en travaillant sur de nouveaux fronts comme le gaz de schiste ou l'exploration offshore », a annoncé
Giorgia Meloni, lors de déclarations à la presse aux côtés du président algérien
Abdelmadjid Tebboune.Cette coopération bilatérale a pour objectif de « renforcer le flux de fourniture de gaz de l'Algérie à l'Italie », a ajouté la Première ministre, dont le pays dépend pour plus de 30% de ses besoins du gaz naturel produit par l'Algérie. Ce gaz est acheminé d'Algérie vers l'Italie via un gazoduc appelé
Transmed qui fonctionne déjà à pleine capacité, selon des experts contactés par l'AFP, et sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) par des méthaniers.
Giorgia Meloni a insisté sur les liens « d'amitié profonde » entre l'Italie et l'Algérie qui « se sont entraidées tant de fois et ont toujours été présentes l'une pour l'autre dans les moments de besoin ». De son côté,
Abdelmadjid Tebboune a confirmé la volonté de l'Algérie « d'être fidèle à ses engagements, étant donné que nous sommes un partenaire stratégique et de confiance de l'Italie et de l'
Europe en général ».La cheffe de gouvernement n'a pas donné de détails financiers sur de possibles investissements que pourraient lancer l'
Eni et
Sonatrach dans l'exploration et la production de gaz naturel.L'Italie a déjà fait savoir ces derniers jours qu'elle discutait « directement » avec plusieurs pays, dont aussi l'Azerbaïdjan et les États-Unis, après les frappes iraniennes sur le Qatar, qui fournit habituellement 10% des besoins italiens en gaz, acheminé par des méthaniers.Selon des experts interrogés par l'AFP, l'Algérie, devenue depuis la guerre en
Ukraine un fournisseur clé de l'Union européenne, dispose d'une certaine marge pour accroître ses livraisons en GNL mais ne peut pas remplacer à court terme le Qatar, dont la production est deux fois supérieure – 200 milliards de m³ par an -.À propos de la guerre au Moyen-Orient,
Giorgia Meloni a souligné qu'elle « implique tout le monde » et que « si elle devait se prolonger dans le temps, elle pourrait avoir des conséquences économiques et sociales » importantes, particulièrement sur le continent africain. Dans ce contexte, a-t-elle ajouté, « l'hypothèse d'un dialogue en cours entre États-Unis et Iran serait une bonne nouvelle » et « l'Italie soutiendra, grâce à son solide réseau de relations avec les pays du Golfe, toute initiative pouvant ramener la stabilité dans cette zone ».La visite de
Giorgia Meloni a également débouché sur la création d'une Chambre de commerce algéro-italienne « pour libérer le potentiel inexprimé des relations » bilatérales, selon la Première ministre.