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MON · 2026-03-30 · 14:08 GMTBRIEF NSR-2026-0330-43697
News/Les ADF, ce djihad que l'Afrique centrale n'a pas vu venir […
NSR-2026-0330-43697Analysis·FR·National Security

Les ADF, ce djihad que l'Afrique centrale n'a pas vu venir [1/2]

Cet article analyse le groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF), actif depuis 30 ans dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Nées de querelles religieuses en Ouganda dans les années 1990, les ADF ont évolué en une insurrection islamiste basée dans les forêts du Nord-Kivu.

Patient LigodiRFIFiled 2026-03-30 · 14:08 GMTLean · CenterRead · 11 min
Les ADF, ce djihad que l'Afrique centrale n'a pas vu venir [1/2]
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Cet article analyse le groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF), actif depuis 30 ans dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Nées de querelles religieuses en Ouganda dans les années 1990, les ADF ont évolué en une insurrection islamiste basée dans les forêts du Nord-Kivu. Fondées par Jamil Mukulu, elles visaient initialement à renverser le gouvernement ougandais et instaurer un État islamique. Après des affrontements avec l'armée ougandaise, Mukulu et ses partisans se sont réfugiés au Congo, où ils ont fusionné avec un autre groupe rebelle pour former les ADF. Le groupe est désormais considéré comme une province de l'État islamique. Malgré les opérations militaires et la présence de Casques bleus, les ADF continuent de semer la terreur dans la région.

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National Security
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In 1994, the Ugandan army attacked UMFF camps, killing 93 people.

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Jamil Mukulu founded the Salafi Foundation in 1993 and the UMFF in 1994.

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Between 1998 and 2000, ADF attacks killed nearly 1,000 Ugandans and displaced 150,000 people.

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The Allied Democratic Forces (ADF) have been sowing terror in eastern Democratic Republic of Congo (DRC) for 30 years.

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The ADF originated from a religious dispute in the mosques of Kampala.

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Une guérilla islamiste née dans les querelles de mosquée d'Ouganda, enracinée dans les forêts du Congo, affiliée à l'État islamique mondial : décryptage d'un groupe que rien ne semble pouvoir arrêter. Publié le : 30/03/2026 - 16:08Modifié le : 30/03/2026 - 17:39 13 min Temps de lecture Le chef rebelle des Forces démocratiques alliées (ADF), Jamil Mukulu, lors du premier jour de sa comparution devant la Haute Cour d’Ouganda à Kampala le 14 mai 2018. © AFP / Isaac Kasamani Depuis 30 ans, les Forces démocratiques alliées (ADF) sèment la terreur dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Pas une opération militaire, pas un déploiement de Casques bleus n'est parvenu à les réduire au silence. Pour comprendre cet échec, il faut d'abord comprendre ce qu'est réellement ce groupe, né d'une querelle religieuse dans les mosquées de Kampala, devenu insurgé islamiste dans les forêts du Nord-Kivu congolais, que le groupe État islamique considère désormais comme l’une de ses provinces. Une trajectoire unique dans les conflits africains. Tout commence dans une mosquée de Kampala L'histoire de cette rébellion ne commence pas dans les forêts du Congo. Elle commence en 1972 dans les bureaux du Conseil suprême musulman ougandais, fondé sous Idi Amin Dada – qui a dirigé le pays de 1971 à 1979 – pour représenter une minorité comptant à peine 11,5 % de la population. La chute du dictateur, sept ans plus tard, plonge l'institution dans une guerre interne entre deux courants : les soufis, modérés, proches du gouvernement, et les salafistes, influencés par l'Arabie Saoudite et l'Asie du Sud. Dans cet espace de rupture grandit Jamil Mukulu. En 1991, lors d'une élection contestée du mufti, ses partisans occupent de force les locaux du Conseil et affrontent violemment la police. Après sa libération, Jamil Mukulu fonde en 1993 la Salafi Foundation, puis en 1994 les Combattants musulmans de la liberté en Ouganda (UMFF), son bras armé. L'objectif : renverser Yoweri Museveni, qui dirige le pays depuis 1986, et instaurer un État islamique. En 1994, l'armée ougandaise attaque les camps de l'UMFF, tuant 93 personnes. Mukulu et ses partisans fuient alors vers l'est du Congo. Le 25 février 1995, ils rejoignent la National Army for the Liberation of Uganda (Nalu), un autre mouvement rebelle ougandais installé dans le territoire de Beni depuis 1988, et forment les Allied Democratic Forces (ADF) : un groupe de 4 000 à 5 000 combattants. Le choix du Nord-Kivu n'est pas accidentel, avec ses forêts denses, les Monts Rwenzori et sa frontière poreuse : le territoire offre tout ce qu'une guérilla cherche. Dès octobre 1996, les premières attaques des ADF frappent l'Ouganda. Entre 1998 et 2000, elles tuent près de 1 000 Ougandais et forcent 150 000 personnes au déplacement. Kampala riposte en novembre 1999 par une opération qui tue entre 1 500 et 2 000 combattants. Le groupe survit. La mort d'un allié, la naissance d'un autre groupe Entre 2005 et 2007, les équilibres basculent. Le traité de paix entre la RDC et l'Ouganda tarit les soutiens congolais et soudanais aux ADF. En décembre 2007, les combattants de la Nalu se rendent. Le 17 mars 2008, Kampala reconnaît officiellement le Royaume du Rwenzururu, satisfaisant la principale revendication des combattants de la Nalu : que cette partie occidentale de l’Ouganda où vivent des populations Bakonjo et Baamba bénéficient alors d’une certaine autonomie. La Nalu s'effondre alors. Des soldats des Forces de défense du peuple ougandais entourent Muzamin Tabogosa, un rebelle capturé des Forces démocratiques alliées (ADF) congolaises, ainsi que des armes saisies auprès des rebelles ADF après qu'une bataille acharnée a eu lieu le 28 mars 2007 sur les rives de la rivière Semuliki à Rwakasenyi dans l'ouest de l'Ouganda. AFP / Peter Busomoke Pour Mukulu, c'est une aubaine. Débarrassé de son allié encombrant, il restructure les ADF autour d'une idéologie plus radicalement islamiste. Le groupe se réorganise près d'Oïcha, dans le territoire de Beni. Ce glissement est décisif. Les ADF cessent d'être principalement une organisation de résistance contre Museveni. Ils deviennent autre chose. Dans une note publiée par l'Institut français des relations internationales (Ifri) en mai 2025, le chercheur Justin Mwetaminwa le formule avec précision : les ADF sont « une ramification du Tabligh [un mouvement islamique radical et prosélyte, NDLR] qui a adopté plusieurs identités idéologiques, chacune s'adressant à un public différent et pour des fins différentes. Ces évolutions, de l'ethno-nationalisme sécessionniste à l'islamisme salafiste-djihadiste, ont été guidées par le souci de nouer des alliances nouvelles ». L'automne 2014 : 65 femmes et 35 enfants tués Les années 2013 et 2014 marquent le passage à une violence d'une intensité sans précédent contre les populations civiles. Du 10 au 13 juillet 2013, le village de Kamango est capturé : 12 morts. En décembre, des attaques en représailles aux opérations des Forces armées de la RDC (FARDC) font 20 morts supplémentaires. Puis vient l'automne 2014. Entre le 1er octobre et le 31 décembre, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH) confirme, après 13 missions d'enquête dans le territoire de Beni, l'exécution sommaire d'au moins 237 civils, dont 65 femmes et 35 enfants, dans 35 villages. Sont également répertoriés : 47 blessés graves, deux viols documentés, 20 enlèvements et des dizaines de maisons pillées et détruites. Des personnes assistent à l’enterrement des victimes dans la ville de Beni, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, le 20 octobre 2014, où au moins 22 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été tuées par des rebelles ougandais - les Forces démocratiques alliées et l’Armée nationale pour la libération de l’Ouganda (ADF-NALU). AFP / Alain Wandimoyi Le modus operandi révèle une organisation froide. Les assaillants frappent en groupes mobiles au coucher du soleil, quand les paysans rentrent des champs. Ils tuent à la machette, à la hache, au marteau pour ne pas faire de bruit. Ils visent systématiquement la partie occipitale de la tête. Un spécialiste de santé du territoire de Beni, qui a reçu des dizaines de victimes des attaques, témoigne au BCNUDH : « Quand ils attaquent, ils cherchent la partie occipitale de la tête. Ils tapent avec le marteau et une fois la personne à terre, ils cherchent à écraser la tête ou ils s'attaquent ensuite au cou de la victime pour couper. » Plusieurs corps sont retrouvés décapités après avoir été ligotés. Des tracts, en anglais et en swahili, sont retrouvés à Oïcha, Mayimoya, Beni et Eringeti. L'un d'eux prévient : « Au nom d'Allah, nous n'allons pas vous laisser. » Le BCNUDH conclut que ces violations pourraient constituer, « de par leur type et leur nature, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité » au sens du Statut de Rome. Ses enquêtes révèlent quelque chose de plus troublant encore : selon le rapport, des soldats des FARDC, déployés dans le cadre de l'opération Sukola I censée combattre les ADF, auraient agi en complicité avec le groupe dans deux incidents, causant la mort de 15 civils supplémentaires. Lors du très attendu procès pour l’assassinat en 2014 du général Mamadou Ndala – héros national en RDC – un ancien combattant des ADF, qui témoignage anonymement, assure que le lieutenant-colonel congolais Birotso Nzanzu aurait reçu 97 000 dollars des Forces démocratiques alliées. Accusation rejetée par un Birotso, qui sera finalement condamné pour assassinat et pour participation à un mouvement insurrectionnel. Malgré l'arrestation du chef, le groupe continue. En avril 2015, Jamil Mukulu est arrêté à Dar es Salaam. En juillet, il est extradé de Tanzanie vers l’Ouganda et incarcéré à la prison de Luzira. C'est le moment où tout groupe ordinaire s'effondre. Le chef rebelle des Forces démocratiques alliées (ADF), Jamil Mukulu, lors du premier jour de sa comparution devant la Haute Cour d’Ouganda à Kampala le 14 mai 2018. AFP / Isaac Kasamani Mais les ADF, eux, ne s'effondrent pas. Seka Musa Baluku, originaire de Kasese (ouest de l’Ouganda), reprend la tête d'un mouvement qui révèle, dans cette transition, sa résistance aux décapitations judiciaires. Et c'est sous sa direction que s'opère la mutation la plus lourde de conséquences : l'entrée des ADF dans la galaxie du groupe État islamique. En octobre 2017, une vidéo d'Ahmad Mahmoud Hassan, alias Jundi, également connu sous les noms d'Abwakasi et de Mwarabu, diffusée sur des canaux affiliés à l'EI, appelle les musulmans à rejoindre le combat jihadiste en RDC. En novembre de la même année, les ADF reçoivent leurs premiers fonds de l'organisation via Waleed Ahmed Zein, financier kényan identifié comme intermédiaire du bureau al-Karrar de l'EI en Somalie. En décembre 2017, une attaque frappe une base de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) à Beni : 15 Casques bleus tanzaniens sont tués, 50 blessés. Le basculement formel intervient le 18 avril 2019 : le groupe État islamique revendique pour la première fois des attaques de l'Islamic State Central Africa Province (Iscap) – « Province d’Afrique centrale de l’État islamique » – contre des soldats congolais à Boyota. Le 29 avril, une vidéo présente l’Irakien Abou Bakr al-Baghdadi, calife autoproclamé de l’EI de 2014 à 2019, annonçant officiellement la naissance cette province. En juillet, une nouvelle déclaration réaffirme l'allégeance. En septembre 2021, Baluku prononce des mots qui valent rupture définitive, cités lors du Forum de Paix du Nord-Kivu de janvier 2026 : « Il n'y a plus d'ADF. Selon le vœu d'Allah, les ADF ont cessé d'exister il y a longtemps... Actuellement, nous sommes une province, la province d'Afrique centrale qui est une province parmi les nombreuses provinces qui composent l'État islamique... » La dénomination ADF reste toutefois utilisée dans tous les documents officiels. Le groupe lui-même la rejette. Ce qui le rend différent de tous les autres Dans sa note de mai 2025, Justin Mwetaminwa définit les ADF comme « le seul de cette région à être considéré comme une organisation terroriste appartenant à la nébuleuse islamiste d'Afrique de l'Est ». Cette singularité tient à une combinaison rare. D'un côté, un ancrage local profond : Les combattants proviennent majoritairement des communautés Bakonjo d'Ouganda et Banande de la RDC, deux ethnies très proches par la langue et la culture. Le groupe entretient des liens étroits avec des communautés locales dont il reprend les griefs contre l'État congolais. Il dispose de commerçants complices, de miliciens alliés, de soldats corrompus qui l'informent des mouvements de l'armée. De l'autre, une dimension transnationale d'une sophistication qui surprend pour un groupe opérant dans des forêts éloignées. Des combattants de nombreuses nationalités – ougandais, congolais, tanzaniens, burundais, somaliens – composent ses rangs. Autre illustration : un Jordanien, Hytan S.A. Aftar, informaticien et formateur, a été capturé à Beni le 17 septembre 2021 ; il était entré sur le sol congolais depuis Kigoma en Tanzanie via Kalemie, sans visa. Un Kényan, Salim Mohamed Hassan Rashid dit Chotara, propagandiste réputé, a, lui, été arrêté le 28 janvier 2022 à Kazaroho, dans le territoire de Beni. Les finances du groupe sont tout aussi élaborées. Depuis 2017, l'État islamique alimente le groupe via le bureau al-Karrar en Somalie et des intermédiaires basés à Londres, qui acheminent l'argent vers les ADF. La Salaam Bank à Mogadiscio transite ces fonds via un réseau hawala – un système informel de transfert d’argent – avant de passer par la société Herryo Trading Services à Johannesburg. En parallèle, le groupe extorque les agriculteurs des zones environnantes, pille les ressources naturelles (cacao, café, or, coltan), vole le bétail, taxe le commerce transfrontalier. Des registres sont même tenus pour distribuer les ressources entre les camps. Les stratégies de recrutement parachèvent ce panorama. Les ADF commandent à plusieurs reprises, auprès d'un même commerçant, des marchandises d'une grande valeur (estimée entre 5 000 et 10 000 dollars) afin de créer une relation de confiance facilitant son endoctrinement progressif. Ils achètent des motos qu'ils confient aux jeunes désœuvrés, qu'ils emploient comme transporteurs jusqu'à obtenir leur adhésion. Ils utilisent aussi des jeunes comme courtiers dans des opérations d'achat, les rémunérant au-delà des services rendus. Ils enlèvent des enfants lors de leurs raids. Des jeunes filles de 12 à 25 ans deviennent esclaves sexuelles ; des garçons de 12 à 14 ans sont formés comme combattants. Hors des frontières congolaises, des recruteurs opèrent au Kenya, en Tanzanie, au Burundi. L'arrestation en août 2023 à Uvira d'un agent, Rashidi Kupa Patrick dit Pili Pili, a révélé, un réseau couvrant le Burundi, le Mozambique, l'Afrique du Sud, la Tanzanie et le Sud-Kivu avec des villes comme Goma et Butembo, facilitant le transit de recrues, de vivres, de composants d'engins explosifs improvisés et d'argent vers les camps des ADF. Lubero, un nouveau front Jusqu'en 2019, les ADF concentraient leur activité dans le territoire de Beni. Dispersés par les opérations militaires en petits groupes mobiles, ils colonisent ensuite le territoire d'Irumu, plus au nord, dans la province voisine de l'Ituri, y multipliant les attaques qui feront plusieurs milliers de morts. Puis, le 19 mars 2023, ils frappent pour la première fois le territoire de Lubero (au Nord-Kivu), tuant au moins neuf personnes dans le village de Nguli, en chefferie des Baswagha. Edgar Mateso, président de la société civile du Nord-Kivu, lance aussitôt un avertissement dans les médias : « Actuellement, les ADF circulent sans être inquiétés. Ils peuvent opérer à l'ouest, à l'est, au nord comme au sud du territoire de Beni. Et voilà qu'ils commencent à entrer du côté de Lubero. » Une personne visite le centre de santé de Mukondi, incendié lors d’une attaque attribuée aux ADF, à environ 30 kilomètres de la ville de Beni dans l’est de la République démocratique du Congo, le 10 mars 2023. AFP / Joel Bibuya En 2024 et 2025, Lubero devient un nouveau front majeur. Selon la société civile du secteur de Bapere, 2 650 civils auraient été massacrés entre juin 2024 et novembre 2025 dans le secteur de Bapere et la chefferie des Baswagha, 42 écoles et une dizaine de structures sanitaires auraient été fermées au cours de la même période. Le rapport annuel 2025 du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme attribue aux ADF 465 atteintes aux droits humains ayant fait 1 749 victimes, dont 344 femmes et 129 enfants, dans les provinces du Nord-Kivu, de l'Ituri et de la Tshopo. Maître Omar Kavota, cofondateur du Centre pour la promotion des droits de l'homme et le développement (Cepadho) et chercheur, a présenté au Forum de Beni, en février 2026, les données compilées depuis le 2 octobre 2014 par son organisation. Elles méritent d'être lues sans détour, parce que c'est la mesure la plus complète d'un désastre que les catégories habituelles peinent à contenir. Au moins 12 750 civils auraient été tués, 2 577 blessés, 3 196 kidnappées ou portées disparues, 45 structures médicales sabotées, pillées ou incendiées, 41 écoles détruites ou contraintes de fermer, 32 477 habitations et boutiques incendiées, 680 véhicules embusqués, pillés ou incendiés, 6 359 motos incendiées, 28 églises attaquées, deux prisons ciblées et plus de 600 000 ménages déplacés de leurs villages. Ces chiffres posent une question. Une seule. Pourquoi, après trente ans, ces hommes tuent-ils encore ? C'est l'objet du second article de cette série Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail
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