Ces premières discussions directes entre les deux pays sont prévues pour démarrer dès vendredi à
Islamabad au
Pakistan. Signe des tensions : l'ordre du jour précis et la présence de la délégation iranienne sont encore incertains. Des policiers pakistanais se déploient à
Islamabad où les négociations irano-américaines sont organisées, le 10 avril 2026. (AAMIR QURESHI / AFP) Plus de 10 000 hommes mobilisés, des rangers paramilitaires déployés... Au
Pakistan, la ville d'
Islamabad a été placée sous haute sécurité, vendredi 10 avril, au moment d'accueillir les pourparlers entre les Etats-Unis et l'
Iran, les premiers depuis le début de la guerre entamée il y a un mois et demi. Les deux délégations ont rendez-vous en face-à-face dans un hôtel de luxe de la capitale pakistanaise. Côté américain, le vice-président J.D. Vance et les émissaires de
Donald Trump,
Steve Witkoff et
Jared Kushner, conduiront ces négociations.Côté iranien, de nombreuses incertitudes persistent : la délégation iranienne, qui entretient encore le flou sur sa venue, pourrait être composée de
Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement, et d'
Abbas Araghtchi, le ministre des Affaires étrangères.Au menu des discussions : la fin de la guerre (et le cessez-le-feu y compris au Liban), la situation dans le détroit d'Ormuz et encore et toujours l'enrichissement de l'uranium iranien.Un accord de paix durableAprès cinq semaines d'une guerre qui a fait des milliers de morts, le cessez-le-feu conclu in extremis mercredi entre Washington et Téhéran a déjà apporté une certaine accalmie. Mais cette fois, l'objectif est d'aller plus loin et de conclure un accord de paix durable.
Donald Trump y croit et se dit "très optimiste". "Les dirigeants iraniens tiennent des propos bien différents lors des réunions publiques et face à la presse. Ils sont beaucoup plus raisonnables", a assuré le président des Etats-Unis au micro de NBC News.Moins de certitudes côté iranien : le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a averti que les discussions se tiendront "avec une méfiance totale envers les Etats-Unis". Vendredi matin, le premier grand bulletin d'information à la télévision d'Etat iranienne n'a d'ailleurs fait aucune mention de ces pourparlers à venir. "Les informations relayées par certains médias selon lesquelles une équipe de négociateurs iraniens serait arrivée à
Islamabad, au
Pakistan, pour négocier avec les Américains sont totalement fausses", a rapporté l'agence de presse iranienne Tasnim, citant une source anonyme.Un arrêt des combats au LibanPour mener à bien ces pourparlers, chaque camp tente d'en définir le cadre. L'
Iran propose de s'appuyer sur une liste de dix points tandis que les Etats-Unis suggèrent une autre base de travail qui tient en quinze points.Dans le sien, Téhéran exige "la cessation de la guerre sur tous les fronts, y compris contre la résistance islamique au Liban". "La tenue de pourparlers visant à mettre fin à la guerre dépend du respect par les Etats-Unis de leurs engagements en matière de cessez-le-feu sur tous les fronts, en particulier au Liban", a prévenu Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, cité par l'agence Isna.Le cessez-le-feu en
Iran n'a en effet pas empêché Israël de pilonner le Hezbollah libanais, allié de Téhéran. De puissantes frappes menées par l'armée israélienne partout dans le pays ont tué plus de 300 personnes, selon le ministère de la santé libanais, et fait plus de 1 000 blessés. Il s'agit des bombardements les plus meurtriers depuis le début de la guerre fin février."A cause du Hezbollah", le Liban "n'a pas été inclus dans l'accord" de cessez-le-feu, a déclaré
Donald Trump dans un entretien à PBS. Mais, promet-il, "ça sera réglé. Tout va bien." L'inclusion du Liban dans la trêve devrait donc être abordée dans le huis clos d'
Islamabad.Une réouverture du détroit d'OrmuzAutre sujet central : le détroit d'Ormuz. Les Etats-Unis exigent la réouverture immédiate de cet immense bras maritime, crucial pour le trafic mondial du pétrole et du gaz. C'est même l'une des conditions du cessez-le-feu signé mercredi.Mais l'
Iran ne semble pas d'accord. C'est maintenant la question d'un péage qui fait son chemin. Selon le Financial Times, Téhéran demanderait 1 dollar par baril de pétrole passant dans le détroit, payé en cryptomonnaies. Selon l'agence Bloomberg, les navires se verraient réclamer jusqu'à 2 millions de dollars par passage. "Ils ont intérêt à ne pas le faire, et si c'est le cas, ils feraient mieux d'arrêter maintenant", a mis en garde
Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Il accuse l'
Iran de faire "vraiment du mauvais boulot, indigne certains diraient, pour permettre au pétrole de traverser le détroit d'Ormuz".Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, les pétroliers et autres vraquiers qui ont pu franchir le détroit se comptent sur les doigts d'une main. "Soyons clairs : le détroit d'Ormuz n'est pas ouvert. L'
Iran a clairement indiqué, par ses déclarations et ses actions, que le passage est soumis à autorisation, à des conditions et à des pressions politiques. Il ne s'agit pas de liberté de navigation, mais de coercition", déplore Sultan Al Jaber, le directeur de la Compagnie nationale pétrolière d'Abou Dhabi, sur LinkedIn.Le nucléaire iranienSi elle se rend à
Islamabad, la délégation iranienne a une autre revendication à faire valoir : la reconnaissance de son droit à l'enrichissement de l'uranium. Jeudi, lors d'un entretien avec l'agence Isna, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a exclu toute restriction de son programme nucléaire. "Les revendications et exigences de nos ennemis visant à restreindre le programme d'enrichissement de l'
Iran ne sont que des vœux pieux qui seront enterrés", a alerté Mohammad Eslami.Sur ce sujet, Washington a de toutes autres exigences. Elles comprennent l'interdiction de l'enrichissement d'uranium en
Iran, le retrait de l'uranium hautement enrichi enfoui sous les décombres des installations nucléaires bombardées et une réduction du programme de missiles balistiques iraniens."Le refus de l'
Iran de céder aux exigences nucléaires de longue date des Etats-Unis ne manquera pas d'empêcher un accord à
Islamabad", pronostique déjà le Soufan Center, un centre de réflexion basé à New York. Et d'ajouter : "Les dirigeants iraniens savent que Trump ne prendra pas le risque des conséquences économiques d'une reprise du conflit." Ce qui l'obligerait de fait à "assouplir les positions américaines pour parvenir à un accord". Vols, violences : 11 policiers municipaux en garde à vue Hongrie : Peter Magyar, l'opposant qui veut faire tomber Viktor Orban Au Liban, une ONG tente de sauver les animaux touchés par les frappes israéliennes ROYAUME-UNI Des rassemblements d’adolescents tournent au chaos Plus de 300 morts à Beyrouth : des civils sous les bombes israéliennes Prix des carburants : les premières baisses à la pompe Tadej Pogacar en reconnaissance sur les mythiques pavés de Paris-Roubaix Quelles seront les têtes d'affiche du Festival de Cannes 2026 ? Spectaculaire incendie dans le vélodrome olympique de Rio Mariam court contre les violences sexistes et sexuelles L'avocat de Rima Hassan réagit au classement sans suite de l'enquête sur un "prétendu" produit stupéfiant Classement sans suite autour d'un "prétendu" produit stupéfiant pour Rima Hassan Tout comprendre à la déclaration d’impôts sur le revenu 2026 "La France souhaite rester prévisible", dit Roland Lescure à propos de l'imprévisibilité de
Donald Trump